jamie lidell

 

Jamie Lidell né le 18 septembre 1973 à Huntingdon dans le Cambridgeshire en Angleterre. Il n’a pas arrêté de migrer. C’est un squale romantiquement "soulful", soniquement obsédé, prêt a tout pour le "funk". Et il ne va pas s’arrêter. Non, il ne s’arrête pas. Ne le lui demandez jamais. Laissez-le passer, appréciez le spectacle et sa bande originale.

Nomade évadé de sa province anglaise natale, sa constante envie de progresser - rebondissant de découverte en découverte - est devenue la marque de fabrique de son voyage musical. Jamie Lidell est une âme libérée et il n’y a aucun signe de faiblesse dans sa quête.

Fouillez dans sa discographie et vous y trouverez : deux albums de science-funk de Super Collider (avec Cristian Vogel) dont on se rappelle avec ravissement, un premier album solo complètement fou "Muddlin Gear".

 

Muddlin Gear

muddlin gear

1 - The Entroscooper
2 - Said Dram Scam
3 - Ill Shambata
4 - La Scappin Rood
5 - In Inphidelik
6 - Silent Way
7 - Da Doo Doo
8 - Daddy'S Car
9 - Oo..O
10 - The Cop It Suite
11 - Droon-99
12 - Daddy No Lie

 

 

 

et en 2005, l’arrivé du renversant "Multiply". Un délicieux disque de soul et funk surprenant, plein de virages, méticuleusement produit, qui a connu un succès planétaire. Pendant ce temps, les one-man shows de Jamie ont aussi atteint une autre dimension : live, il repousse ses limites et celles de la technologie contre chaos et contrôle et gagne le titre de "meilleur show one-man show sur terre !"

 

Multiply

 multiply

1 - You Got Me Up
2 - Multiply
3 - When I Come Back Around
4 - A Little Bit More
5 - What's The Use?
6 - Music Will Not Last
7 - Newme
8 - The City
9 - What Is It This Time?
10 - Game For Fools

 

 

En 2008, Jamie est devenu Jim. Il a étendu les fondements de Multiply pour construire un bordel baroque de groove et gospel irradiant de funk, avec des trésors de soul poignante. La tournée accompagnant la sortie l’a vu évoluer, le manipulateur sonique se mute en "dandy showman", menant un quatuor incroyablement talentueux dans les clubs, les stades et les studios de télévision à travers le globe.

En 2010 Jim quitte le navire. Trop de strass et de soies ? Jamie réinitialise sa carte et repart en exploration sur des courants neufs ! Compass est sans aucun doute son album le plus éclectique. Les chansons convertissent, coupent, bouleversent genres et formes. Le pouvoir stupéfiant des chants est plus fort que jamais, ça rock, ça pop, c’est doux, dur, furieux, empli de soul et soft, souvent au sein même d’un seul morceau, toujours furieusement funk. Un album nerveux qui correspond à l’âme de son créateur. Libre !

"J’ai écrit chaque chanson en un mois" dit Jamie, "j’ai passé deux années éprouvantes émotionnellement parlant, je me suis plongé dans ce que je voulais exprimer et j’ai commencé à écrire. Il y avait beaucoup à en tirer".

Après, il est allé vers l’Ouest pour rejoindre le projet Beck’s Record Club à Los Angeles, avec Beck, Wilco, Leslie Feist, le producteur/claviériste Brian LeBarton et le batteur vétéran James Gadson (qui a joué pour Bill Withers et Quincy Jones entre autres). Inspiré par l’alchimie des jam-sessions, ils sont allés dans les mythiques Ocean Way Studios pour se concentrer sur les nouveaux morceaux de Jamie avec Gadson et LeBarton. Ils ont alors été rejoints par le bassiste Dan Rothchild, la chanteuse Nikka Costa et Justin Stanley. Tous ont eu un impact fort sur l’album "Compass".

De retour à New York, il a mis en ordre ce "great big mess on the hard drive" (ce "désordre géant sur son disque dur"). Il est ensuite allé au ranch de Feist au Canada, dans le Niagara Escarpment, avec Chris Taylor, producteur et membre de la sensation avant-pop Grizzly Bear. Pat Sansone de Wilco et Chilly Gonzales (qui a joué sur Multiply et Jim) étaient présents comme "méta-esprits musicaux" : ils ont enregistré leurs parties à distance et les ont envoyées par internet. Comme l’album se développait, cuivres, percussions et guitares se sont ajoutés, chaque musicien en appelant un autre. Tant pour ses arrangements que pour ses paroles, Compass est une production typiquement "JamieLidellesque", qui reflète non seulement les goûts divers et étourdissants de son créateur, mais aussi une année de changements, d’amour, d’attente et l’arrivée dans un nouveau lieu.

 

Compass

compass

1 - Completely Exposed
2 - Your Sweet Boom
3 - She Needs Me
4 - I Wanna Be Your Telephone
5 - Enough's Enough
6 - The Ring
7 - You Are Waking
8 - I Can Love Again
9 - It's A Kiss
10 - Compass
11 - Gypsy Blood
12 - Coma Chameleon
13 - Big Drift
14 - You See My Light

 

Le premier son que l’on entend dans le titre d’ouverture "Completely Exposed" semblera familier à ceux qui ont déjà vu Jamie en live : un puissant beat-box ; un rythme palpitant qui précède ce que Jamie appelle "l’éruption volcanique" du refrain. C’est l’avant-goût du son ample et superposé de "Compass". Les paroles de la chanson "cherchent quelque chose, à offrir ensuite, se confiant dans d’honnêtes paroles… c’est ouvertement naïf dans la manière".

Les distorsions de "Your Sweet Boom" oscillent naturellement entre funk et gospel, la voix de Jamie nous vient de directions et personnages différents. Les parties ont été enregistrées dans plusieurs lieux et regroupées ensuite. "C’est comme se présenter une version différente de soi-même et essayer de passer du temps ensemble dans la même pièce… ils ne veulent pas toujours travailler ensemble – mais ils finissent par trouver un moyen".

Le rythme ralentit sur "She Needs Me", une tranche effrontément crémeuse de soul sensuelle, soutenue par la ligne de basse glorieuse de Dan Rothchild. Les paroles se dirigent vers la cuisine (histoire de préparer une tasse de thé et des oeufs) avant d’aller dans la chambre pour servir "this sonic breakfast in bed" ("ce petit-déjeuner sonore au lit"). Les bouffonneries érotiques se poursuivent avec le riff techno-funk coquin de "I Wanna Be Your Telephone", sur l’économie libidinale des télécommunications modernes.

Jim revient temporairement de sa retraite sur "Enough’s Enough" un numéro extrêmement joyeux qui rend un bel hommage à Michael Jackson, et en particulier aux Jackson Five. "Il a beaucoup influencé cet album", dit Jamie à propos de MJ, "il a pris part à la création avec moi et Chris Taylor. Quand on était coincé, on se demandait qu’est ce que ferait Michael? Et on dansait". C’est aussi une vitrine pour les rythmes immaculés du génial James Gadson.

"The Ring" prend une tournure plus sombre, plus blues. Inspiré par un chercheur d’or au regard fou tamisant le sable en Australie ; Jamie imagine un triangle de l’amour du point de vue du mauvais rôle, celui qui cherche le bijou abandonné du titre. "Il y a eu beaucoup de versions, dont une plus lente, country, puis nous sommes passés à la version beat-box, beaucoup plus énergique et furieuse". On peut entendre Gonzales faisant émaner le blues d’un piano insoupçonné, ajoutant au style provocateur du morceau. Si un titre donne une bonne idée de l’agité et impatient Compass, c’est la soul troublée de "You Are Walking", qui change de style au moins quatre fois dans les 60 premières secondes. Jamie chante "One by one let’s take it all off/one by one let’s strip it down" : la chanson se casse et se reconstruit sur ses propres débrits ; ou comme Jamie le décrit "c’est moi, détruisant le son et mon moi précédent".

"I Can Love Again" calme les choses avec le son d’un "vent violent", avant de se matérialiser en une chanson d’amour détendue, mais l’effet sonore produit est essentiel. "Vous pouvez entendre le vent hurler dans plusieurs chansons. Il parle d’érosion, de choses brisées, de choses enterrées puis déterrées, trouvées, retrouvées et remodelées. Il parle de nostalgie". Cette notion de désir se prolonge avec le sinueux et dangereusement séduisant "It’s A Kiss", le tableau frémissant d’une satisfaction longuement différée. Puis nous avons le titre éponyme, "Compass". Il commence directement sur un chorus mélodique et folk, se construit sur un son épique qui mélange cuivres Morricone -esque et percussions samba. C’est une chanson sur la découverte de soi, tandis que Jamie apprend que "only a heart knows where I’ve been / only your heart knows where I’ve been" ("seul un Coeur sait où j’étais / seul ton coeur sait où j’étais"). "J’ai écrit ce morceau sur un jouet ukulélé et j’ai pensé ”ça va être une chanson à fendre les coeurs” – une chanson simple qui fait son travail". Enregistrée d’abord à Ocean Way, Chris Taylor a aidé à donner forme aux éléments complexes au Canada, et quand on l’écoute on ressent sa tension.

"Gipsy Blood" mixe douceur et obscurité, un combo que Jamie appelle "blood and custard", sang et crème anglaise. Une guitare confuse appuie une batterie distinctement "MJ style", tandis que Jamie se glisse dans un personnage destructeur. "C’est un de mes alter-egos qui chante. L’âme malade qui ne changera jamais ; l’ego en moi, qui veut redevenir l’ancien moi".

"Coma Chameleon" arrive comme une bombe, avec un beat monumental et un son incendiaire sorti d’une guitare Silverstone ("le son d’une vieille planche de bois attaquée"). Ecrite par Beck, c’est une parfaite pop song sinistrée, comme menace instamment le titre – "Si vous vous réveillez un jour, vous verrez ce que vous avez fait". Jamie avait écrit "Big Drift" comme un "drone mystique" sans parole, jusqu’à ce que tard une nuit, Feist, Beck, Lindsey Rome et lui créent chacun un couplet.

Ce qui en ressort est atmosphérique et troublant, comme une nuit d’âme solitaire dans le coeur du désert. L’album est conclu par "You See My Light". Un chant un peu dur a été enregistré au départ à New York sur un micro d’ordinateur pourri. Mais Jamie n’a jamais été satisfait des versions suivantes en studio, il est donc revenu à la version originale, sifflements, sirène de police et tout.

"C’est presque une chanson gospel, une dédicace, une berceuse et un merci". C’est le son du vent qui se calme et la conclusion d’un autre chapitre.

Et bien sûr, il ne s’arrêtera pas là. Il est libre Jamie !

Enregistré en trois mois à Los Angeles, Jamie Lidell revient avec son nouvel album "Jim". Sur cet album Jamie Lidell collabore avec Gonzo, Renaud Létand, Feist et Mocky à la production pour un son groove soul des années 70.

 

Jim

jim

1 - Another Day
2 - Wait For Me
3 - Out of My System
4 - All I Wanna Do
5 - Little Bit of Feel Good
6 - Figured Me Out
7 - Hurricane
8 - Green Light
9 - Where D'You Go?
10 - Rope of Sand

 

 

 

 

Site Officiel : http://www.jamielidell.com/

 

 

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