les fleurs du mal baudelaire

 

Sous les ifs noirs qui les abritent, 
Les hiboux se tiennent rangés, 
Ainsi que des dieux étrangers, 
Dardant leur œil rouge.

Ils méditent. Sans remuer ils se tiendront 
Jusqu'à l'heure mélancolique 
Où, poussant le soleil oblique, 
Les ténèbres s'établiront.

Leur attitude au sage enseigne 
Qu'il faut en ce monde qu'il craigne 
Le tumulte et le mouvement,

L'homme ivre d'une ombre qui passe 
Porte toujours le châtiment 
D'avoir voulu changer de place.

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