les fleurs du mal baudelaire

 

Le regard singulier d'une femme galante 
Qui se glisse vers nous comme le rayon blanc 
Que la lune onduleuse envoie au lac tremblant, 
Quand elle y veux baigner sa beauté nonchalante,

Le dernier sac d'écus dans les doigts d'un joueur, 
Un baiser libertin de la maigre Adeline, 
Les sons d'une musique énervante et câline, 
Semblable au cri lointain de l'humaine douleur,

Tout cela ne vaut pas, ô bouteille profonde, 
Les baumes pénétrants que ta panse féconde 
Garde au cœur altéré du poète pieux;

Tu lui verses l'espoir, la jeunesse et la vie,  
 ‐ Et l'orgueil, ce trésor de toute gueuserie, 
Qui nous rend triomphants et semblables aux Dieux.

 

 

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