les fleurs du mal baudelaire

 

Deux guerriers ont couru l'un sur l'autre; leurs armes 
Ont éclaboussé l'air de lueurs et de sang. 
Ces jeux, ces cliquetis du fer sont les vacarmes 
D'une jeunesse en proie à l'amour vagissant.

Les glaives sont brisés! comme notre jeunesse, 
Ma chère! Mais les dents, les ongles acérés, 
Vengent bientôt l'épée et la dague traîtresse. 
‐ O fureur des cœurs mûrs par l'amour ulcérés!

Dans le ravin hanté des chats‐pards et des onces 
Nos héros, s'étreignant méchamment, ont roulé, 
Et leur peau fleurira l'aridité des ronces.

‐ Ce gouffre, c'est l'enfer, de nos amis peuplé! 
Roulons‐y sans remords, amazone inhumaine, 
Afin d'éterniser l'ardeur de notre haine!

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