les fleurs du mal baudelaire

 

Vous êtes un beau ciel d'automne, clair et rose! 
Mais la tristesse en moi monte comme la mer, 
Et laisse, en refluant, sur ma lèvre morose 
Le souvenir cuisant de son limon amer.

 ‐ Ta main se glisse en vain sur mon sein qui se pâme; 
Ce qu'elle cherche, amie, est un lieu saccagé 
Par la griffe et la dent féroce de la femme. 
Ne cherchez plus mon cœur; les bêtes l'ont mangé.

Mon cœur est un palais flétri par la cohue; 
On s'y soûle, on s'y tue, on s'y prend aux cheveux.   
‐ Un parfum nage autour de votre gorge nue!...

Ô Beauté, dur fléau des âmes! tu le veux! 
Avec tes yeux de feu, brillants comme des fêtes! 
Calcine ces lambeaux qu'ont épargnés les bêtes!

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